hier tu as répondu à ma lettre

aujourd’hui j’ai perdu mon cahier

les écrits s’envolent les paroles je les aime

la frustration m’a fait marcher
tellement aujourd’hui que
mes d’ssous de pieds geignent

la grande ville plein poumons
de grouille d’assourdis d’odeurs incroyables
j’en serais tombé en bas de ma chaise
si je marchais pas

ce sont les pensées
les infidèles les libres comme le vent
indomptables par nature
comme ce papillon dans la main
enfant de Roland Giguère

à présent le refuge de la chambre
caisse de son vertigineux du silence avec soi-même
les murs mats me reflètent mon statisme
la cache contre les monstres imaginaires
armé que je suis
de tasses de thé
sous mes remparts flous de livres
de fleurs en photo de bois décapé
de beige apaisant

je m’imagine ma grotte
munie d’une fenêtre de tain
qui m’engloutit prudemment vers le dehors
même si je ne capte pas de réseau
ici