fumée 1
Par Émile Brassard
baigné dans si temporel
tout est éphémère
je me rape les veines
sous la peau
comme creuse
un mineur fou
à la recherche de croissance
de pertinence
de permanence
au fond de la mine de rocailles
nos têtes galopent affolées
frénésie contre le granit qui emprisonne
l'hébétude tambourine plus énormément
que nos pioches et marteaux
le dommage en découvre tant qu'il abandonne
la chair rose et jeune qui est incapable de mentir
le chemin nous raconte
l'existence encore plus immense
que l'obstinément recherché
comme un ciel ou une mère
enlace une pierre seule
sur la pelouse déserte
tant de dureté de tension échinantes
que frappent mes mains
sur les impénétrables qui me
menacent d'abdication
parfois muet de claustrophonie
parfois hurlant de mes pieuses étincelles
la vie me mâchonne
bon appétit
avec la bouche ouverte fermée jour et nuit
comme sur un bateau qui tangue
flirte avec le contrôle et l'horizon
quel hémisphère me pardonne
mon corps me souffre en sacrant en silence
je m'endure m'enfaiblis
encore à l'étape de me dompter
avec tact avec psychologie
même si l'acide tragique du monde
m'empêche de respirer de digérer
la gratitude athée du miracle fatidique
me lance sans attache au pare-brise
de l'existence qui fonce
sans un clignement d'yeux
sans un mot soupiré