vérités
Par Émile Brassard
l'important c'est de mourir heureux
en attendant pas trop se faire chier
faire ses stops juste assez
rocker les dernières fois
je me promène sous les reverbères suspendus
sous les étoiles endormies derrière les nuages
la nuit éternelle me parle peu
mais chacun de ses mots découpés du silence
désagrafe les futilités et peurs passagères
qui blessent mon corps crucifié sur la croix commune
de l'abandon de l'anxiété cancérigènes
le jour je travaille bien
bien comme une machine
et puis me mets à penser la vie
comme une succession de répits
un sourire esquissé une puff volée
l'avenir au loin maladif à oublier
c'est du tonic qu'il me faut pour ne pas l'oublier
la vie comme le fil soigneusement tissé d'un film
happy ending voix percutantes fin ouverte
horreur d'artiste de parler du box office
je me crois capable mais si peu préparé
être ambigu et incrédule qui ne demande pas moins
que le sectionnement du corps
pour accéder aux réponses enfouies ressenties depuis tout ce temps
puis tout recoller les morceaux après
cette foi en la satisfaction
cette foi en la vérité en dormance
haut perchée aux branches d'un arbre mélancolique